Mars 2017

 

Sortie le 31 mars 2017

Goldfrapp – Silver Eye (Mute/Pias) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Anymore »

Loin des fables folk de Tales of Us sorti en 2013, ce septième album du duo anglais est un retour vers le futur dans la lignĂ©e Ă©lectro de Black Cherry (2003) et de Supernature (2005), en plus profond et plus sombre. Mysticisme, extase, rituel, contemplation, mĂ©tamorphose… Les chansons de Silver Eye fourmillent ainsi d’images de nature, brutes et intenses, avec un soupçon de mystère, sur fond de pop Ă©lĂ©ctro. Alison Goldfrapp et Will Gregory s’y sont concentrĂ©s sur la puissance incantatoire des rythmiques, comme des mantras, construisant les morceaux aux cĂ´tĂ©s de nouveaux collaborateurs comme le producteur John Congleton (St. Vincent, John Grant, Wild Beasts…) et le compositeur de musique Ă©lectronique Bobby Krlic, a.k.a. The Haxan Cloak. Collaborateur de Brian Eno, Leo Abrahams, assure les textures de guitare abstraite aux sinistrement magnifiques « Faux Suede Drifter » et « Beast That Never Was ». Cette cĂ©lĂ©bration convoque les danses paĂŻennes du XXIème siècle, aux sonoritĂ©s froides et Ă©lectroniques, traversĂ©e par un flux de sang chaud !

Sortie le 24 mars 2017

Miraculous Mule – Two Tonne Testimony (Bronze Rat Records/Pias) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Shave ‘Em Dry »

Michael J. Sheehy, l’ancien frontman du groupe londonien Dream City Film Club, semble enfin avoir trouvĂ© un second souffle depuis 6 ans qu’il officie Ă  la tĂŞte de ce nouveau trio avec Patrick McCarthy Ă  la basse et leur ami d’enfance Ian Burns Ă  la batterie. Son troisième album dĂ©cline un blues-rock furieux aux multiples influences, Ă  commencer par un parfum de rock psychĂ©dĂ©liques dans le titre “Holy Fever”, conte moderne sur l’hystĂ©rie religieuse dans lequel le protagoniste est lui-mĂŞme en position dĂ©licate avec le Christ. Les paroles ne sont pas tendres avec la religion sur Two Tonne Testimony, qui dĂ©nonce avec la mĂŞme vĂ©hĂ©mence autant la montĂ©e des dĂ©magogues d’extrĂŞme droite en Angleterre (« Where the Monsters Lead ») que la misère sociale (« They Cut, We Blood »), non sans rappeler que l’amour peut aider Ă  surmonter beaucoup de choses (« The Fear »). De Monster Magnet Ă  Jimi Hendrix, du MC5 aux Black Keys, le groupe puise un peu partout une fantastique Ă©nergie, si bien que sa musique s’embrase Ă  la manière de cocktails Molotov !

Sortie le 24 mars 2017

No Money Kids – Hear the Silence (Roy Music) 🙂 🙂 🙂 Voir la vidéo de « Take Me to Your Home »

NĂ© de la rencontre d’un chanteur-guitariste avec un basiste, amateur de samplers et autres machines dans un studio de banlieue parisienne, ce two pieces band poursuit ses Ă©tonnantes expĂ©rimentations Ă©lectro-blues avec ferveur et dĂ©termination, deux ans après la sortie de I Don’t Trust You. Ayant vu entre temps plusieurs de titres de ce premier opus choisis outre-Atlantique pour tout un tas de films et sĂ©ries, en plus de servir de bande sonore Ă  des dĂ©filĂ©s de mode, Felix Matschulat et JM Pelatan n’en oublient pas pour autant le caractère ombrageux de leurs sources d’inspirations, Ă©voquant pĂŞle-mĂŞle dans Hear the Silence la lutte contre l’esclavage moderne, la mort et la sĂ©paration (« Shot the Master », « Man Down », « Loaded Gun », »Easy »). La production des titres s’avère cependant moins rugueuse que sur le prĂ©cĂ©dent, voire mĂŞme plus lumineuse et moderne, Ă  l’instar de la chanson d’amour country-pop « Take Me to Your Home ». Il en va de mĂŞme avec l’irrĂ©sistible riff rock de « Easy », comme si les rythmiques et effets Ă©lectros haute-couture du duo pouvaient s’adapter Ă  n’importe laquelle de ses influences.

Sortie le 24 mars 2017

The Jesus and Mary Chain – Damage and Joy (ADA/Warner Music) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Always Sad »

Presque 10 ans de sĂ©paration avant de revenir avec un septième album, le premier depuis 1998, The Jesus and Mary Chain formĂ© en Ecosse par William et Jim Reid s’est laissĂ© attendre, et pour cause… Les deux frères Ă  l’origine de ce lĂ©gendaire groupe noise-rock shoegaze se sont dĂ©testĂ©s toutes ces annĂ©es. RĂ©unis Ă  l’occasion d’une tournĂ©e en 2015 pour fĂŞter le trentième anniversaire de Psychocandy, leur premier opus, ils ont finalement repris le chemin du studio avec prudence, sous le soleil d’Espagne. Bien qu’une moitiĂ© de ses quatorze titres soit issue d’anciens projets des frangins, Damage and Joy s’avère plutĂ´t rĂ©ussi, leur animositĂ© se rĂ©vĂ©lant finalement très constructive. Les nombreuses mĂ©lodies pop dopĂ©es par les riffs fuzz incisifs de William font mouche, sans pour autant franchir le mur du son de distorsions du passĂ©. La prĂ©sence des chanteuses Sky Ferreira, Isobel Campbell et Bernadette Denning en duo avec Jim, dont la voix est toujours aussi lancinante, apporte un peu de douceur Ă  ce monde de brutes, Ă  l’instar de quelques jolies ballades vaporeuses.

Sortie le 24 mars 2017

Samantha Crain – You Had Me At Goodbye (Full Time Hobby / PIAS) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Oh Dear Louis »

Originaire de l’Oklahoma, oĂą elle retourne rĂ©gulièrement pour travailler dans une pizzĂ©ria afin de financer l’enregistrement de ces albums, Samantha Crain se sert de sa musique comme d’un remède instantanĂ© Ă  la mĂ©lancolie. DotĂ©e d’une voix chaude et enfantine, elle trouve dans You Had Me At Goodbye un Ă©quilibre malicieux et vivant entre chansons pop-folk, ballades apaisantes ou esprit art-rock, avec des orchestrations Ă  la fois simples et fournies, de cordes ou d’autres instruments et effets originaux. La singer-songwriter chante avec le cĹ“ur mais attaque avec les tripes, inspirĂ©e dans ses textes par des portraits de femmes fortes et indĂ©pendantes. Fière de ses racines, et du sang de la tribu Choctaw qui coule en partie dans ses veines, elle en adapte  un chant traditionnel dans « Red Sky, Blue Mountain », seule Ă  la guitare, histoire de rappeler que les peuples ne sont que locataires de la terre. EnregistrĂ© au Tiny Telephone Studio Ă  San Francisco, oĂą elle a ses habitudes, ce cinquième opus en renouvelle ainsi doucement le style grâce Ă  la production visionnaire de John Vanderslice (Spoon, the Mountain Goats, Strand of Oaks…), avec l’aide de l’ingĂ©nieur du son Jacob Winik (The Magnetic Fields, Hot Buttered Rum…).

Sortie le 24 Mars 2017

Boss Hog – Brood X (Bronze Rat Records/Pias) 🙂  🙂  🙂 Ecouter le titre « Formula X »

Le duo formĂ© par Jon Spencer et Cristina Martinez n’avait plus donnĂ© de nouvelles depuis 17 ans avant de repartir en tournĂ©e, de nouvelles chansons en poche. EnregistrĂ© et mixĂ© près de Chicago au Key Club Studio sur la console de Sly Stone, ce quatrième album du couple n’en est pas pour autant plus funky, bien au contraire. Brood X transpire un son rock brut et sauvage, renforcĂ© par la voix saturĂ©e de la chanteuse. Non dĂ©nuĂ©e de sensualitĂ©, elle porte la parole de l’underground, incarne les douleurs de l’AmĂ©rique comme de la planète, en ces temps troublĂ©s. Les titres s’enchaĂ®nent en mode subversion, puisant Ă©galement leur esprit rebelle dans le blues ou le punk, avec un dĂ©licieux air de chaos.

Sortie le 17 mars 2017

Pulled Apart By Horses – The Haze (Search and Destroy Records/Caroline International) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « The Big What if » 

Et de quatre pour le groupe punk de Leeds ! Tom Hudson, James Brown et Robert John Lee, dĂ©sormais accompagnĂ©s Ă  la batterie par Tommy Davidson, sont de retour avec The Haze, un album aussi incendiaire qu’inventif. Dix ans après sa formation, Pulled Apart By Horses y prend un nouvel Ă©lan, non seulement Ă  cause du jeu particulièrement lourd et dynamique apportĂ© par l’ex-batteur de These Monsters, mais parce que le quatuor a voulu retrouver la spontanĂ©itĂ© de ses dĂ©buts en s’Ă©loignant de Leeds. Il s’est mis au vert au Pays de Galles, dans un petit cottage isolĂ© Ă  la campagne, avec l’envie de laisser parler ses tripes. Il y a concoctĂ© une douzaine de titres sans trop de poser question, avant de les enregistrer Ă  Sheffield avec le producteur Roos Orton (Artic Monkeys, MIA, Drenge…). QuantitĂ© de riffs musclĂ©s alternent une certaine sauvagerie avec des chansons plus aĂ©riennes comme « Lamping » dans un mĂ©lange de punk, de grunge et de pop, si bien que l’ensemble s’avère vite très accrocheur !

Sortie le 17 mars 2017

Tamikrest – Kidal (Vibrant Global Sounds/Glitter Beat) 🙂  🙂  🙂  🙂

A travers le titre de son quatrième album, le groupe de rock malien rend hommage Ă  sa ville natale, bastion de la rĂ©sistance du peuple touareg durant les derniers conflits dans les rĂ©gions du Sahel et du Sahara. La plupart des chansons ont d’ailleurs Ă©tĂ© Ă©crites dans le dĂ©sert, la seule façon pertinente de le faire selon le chanteur et guitariste Ousmane Ag Mossa. EnregistrĂ©es ensuite l’an dernier Ă  Bamako, elles tĂ©moignent en Tamashek autant des souffrances endurĂ©es par ces populations nomades que d’un cri de rĂ©bellion face aux siècles d’injustices et aux nouvelles menaces dues Ă  l’appĂ©tit vorace des multinationales. De l’intensitĂ© frĂ©missante du titre d’ouverture “Mawarniha Tartit” aux rugissements d’“Adoutat Salilagh”, en passant par les douces guitares slide de “Atwitas”, Kidal dĂ©cline la force incandescente du rock de Tamikrest, puisant au plus profond de la tradition touareg, en plus de brĂ»ler d’un feu lumineux, Ă©lectrique et moderne. Ses rythmes au groove permanent Ă  la basse ou ces mĂ©lodies de guitares enveloppantes et tourbillonnantes en traduisent toutes la puissance, mĂŞme jusque dans l’acoustique “Tanakra”. C’est la bande son de la dĂ©fiance et de l’espoir, ou tout simplement d’un droit revendiquĂ© Ă  la dignitĂ©.

Sortie le 17 mars 2017

Depeche Mode – Spirit (Columbia/Sony Music) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Where’s The Revolution »

Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher reviennent avec un quatorzième opus largement Ă  la hauteur de la rĂ©putation de Depeche Mode. InspirĂ© par l’actualitĂ© comme la place de l’homme face Ă  l’Ă©tat du monde, Spirit puise son Ă©nergie et sa noirceur, ainsi qu’une torpeur fantomatique, dans des rythmiques et sonoritĂ©s proches du rock industriel, conjuguĂ©es avec les effets synthĂ©tiques de la new-wave et des musiques Ă©lectroniques. EnregistrĂ© entre Santa Barbara et New York, durant l’Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, il marque Ă©galement la première collaboration du groupe avec le producteur James Ford de Simian Mobile Disco (Foals, Florence & The Machine, Arctic Monkeys), permettent au groupe de se renouveler, d’autant plus que Gahan en signe trois titres. A noter qu’une version Deluxe agrĂ©mentĂ©e d’un livret et de photos exclusives, en plus d’un disque de cinq remixes crĂ©Ă©s par Depeche Mode, Matrixxman et Kurt Uenala sous le nom de Jungle Spirit Mixes.

Sortie le 10 mars 2017

Laura Marling – Semper Femina (More Alarming Records/Kobalt Music Recordings/PIAS) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Next Time »

Suite au succès de sa sĂ©rie de podcasts Reversal of the Muse, son projet collaboratif destinĂ© Ă  explorer la fĂ©minitĂ© dans la crĂ©ativitĂ©, Laura Marling poursuit ses rĂ©flexions sur le mĂŞme thème. La conception de ce sixième album que la folk singer-songwriter anglaise dĂ©crit pourtant comme un « moment Ă©trangement masculin dans sa vie » lui permet de dĂ©cliner le concept. Produit Ă  Los Angeles par le Californien Blake Mills, Semper Femina marque un virage dans la carrière de la chanteuse, jetant un regard mature sur la place de la femme dans le monde, mais aussi sur elle-mĂŞme. Ses chansons y tissent une toile acoustique aux diverses orchestrations, parfois doucement Ă©lectriques, sur de discrètes rythmiques. De titres intimistes Ă  la guitare, souvent Ă©toffĂ©s par des cordes classiques, sa voix se promène avec grâce et Ă©lĂ©gance, au fil d’atmosphères tendres et dĂ©licates, un brin rĂŞveuses.

Sortie le 10 mars 2017

Me And That Man – Songs of the Love and Death (Cooking Vinyl) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « My Church is Black » 

L’un est une figure du black metal, leader du groupe polonais Behemoth. L’autre est un musicien anglo-polonais de blues. Tous les deux chanteurs et guitaristes, Nergal et John Porter se sont dĂ©cidĂ©s Ă  enregistrer un album ensemble, accompagnĂ©s par le bassiste Wojtek Mazolewski et le batteur Luke Kumanski. DĂ©nuĂ© de chants ou de guitares hurlantes, Songs of the Love and Death n’en est pas moins brut, rageur et tĂ©nĂ©breux. Le groupe Ă©voque autant le rock de Nick Cave and the Bad Seeds (« My Church Is Black », « Voodoo Queen ») que la country de Johnny Cash, y puisant des parties d’harmonica (« Nightride ») mais aussi de banjos (« Cross My Heart And Hope To Die », « One Day »). Bien qu’ils restent proches de l’univers de Nergal, les thèmes des chansons semblent s’adapter Ă  l’inspiration amĂ©ricaine des morceaux. Du blues Ă©lectrique de « Shaman Blues » Ă  l’acoustique « Of Sirens, Vampires And Lovers », en passant par le violon et les choeurs de « Better The Devil I Know », la diversitĂ© des arrangements anime l’ensemble avec une belle efficacitĂ©, la dĂ©marche n’Ă©tant pas sans rappeler Sam The Sam & The Pharaohs, et surtout Jace Everett dont le titre « Bad Things » Ă©tait Ă  l’origine du gĂ©nĂ©rique de la sĂ©rie True Bood.

Sortie le 10 mars 2017

Valerie June – The Order of Time (Caroline International) 🙂  🙂  🙂 🙂 Voir le clip de « Shakedown »

Forte du succès de Pushin’ Agaisnt A Stone, son premier album, la singer-songwriter de Memphis s’est sentie libre de suivre son instinct, enregistrant ce follow-up avec tous ses musiciens dans le Vermont, loin de Brooklyn oĂą elle vĂ®t dĂ©sormais. The Order of Time montre comment Valerie June a Ă©voluĂ© avec le temps, ses chansons Ă©voquant certains moments de son existence, Ă  travers des ambiances souvent mĂ©ditatives blues, country et soul. D’une manière gĂ©nĂ©rale, les morceaux sont baignĂ©s par une sorte de torpeur, Ă  l’instar de la douce ouverture « Long Lonely Road » qui laisse place au langoureux « Love You Once Made ». Les riffs de guitares empruntent un caractère hypnotique au desert blues dans « Man Done Wrong » et « If And », non sans recourir Ă  une belle Ă©nergie sur « Shakedown ». Le fingerpicking de « With You », bercĂ©e par des cordes Ă  retrouver sur « Just You », rend mĂŞme la voix nasillarde de la chanteuse plus harmonieuse, tandis que son cĂ´tĂ© soul s’exprime sur des orchestrations d’orgues et de cuivres jusque dans le bien nommĂ© « Got Soul », un titre plus festif en conclusion. Comme quoi, le temps a bien fait les choses.

Sortie le 10 mars 2017

Fink – Fink’s Sunday Night Blues Club Vol.1 (R’Coup’D) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Boneyard »

Dans l’attente d’un nouvel album prĂ©vu Ă©galement pour cette annĂ©e, ce side-project de l’Anglais Fin Greenall, alias Fink, le transporte dans l’univers du blues, en hommage Ă  ses influences et souvenirs de John Lee Hooker, T-Bone Walker ou Chuck Berry. PlutĂ´t que d’en faire des reprises, il s’est immergĂ© durant deux ans dans de vieux albums dĂ©nichĂ©s chez des disquaires Ă  Berlin, oĂą il rĂ©side depuis quelques annĂ©es, afin de s’approcher le plus naturellement des sons et des Ă©motions brutes du genre, Ă©crivant et composant plusieurs titres originaux. Emotion Ă  fleur de peau, micro et ampli vintage… Sunday Night Blues Club Vol.1 combine le doux timbre du chanteur avec la rudesse des guitares ou de l’harmonica. Des effets de chĹ“ur, de reverb et de distorsion contrastent avec la sobriĂ©tĂ© des rythmiques, le tout mis en Ĺ“uvre sous la houlette de Flood (PJ Harvey, Nick Cave…), en compagnie des musiciens David Shirley et Colin Stetson, si bien que l’ensemble se rĂ©vèle d’une rare intensitĂ©.

Matmatah – Plates coutures (La Ouache Production/L’autre distribution) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « MarrĂ©e Haute »

De retour après 9 ans de sĂ©paration, le groupe de rock brestois ne semble pas avoir Ă©prouvĂ© de difficultĂ©s Ă  trouver des choses Ă  dire, rĂ©pondant aux maux par les mots ! Sorti de l’anonymat grâce au tube « LambĂ© An Dro » en 1998, il avait Ă©voluĂ© peu Ă  peu vers des chansons de plus en plus engagĂ©es, au point que ce cinquième album livre bataille contre l’ambiance actuelle de fin du monde, Ă  grand renfort de mĂ©taphores. Dès l’ouverture avec « Nous y sommes », aussi cynique que dĂ©sespĂ©rĂ©e, le rock fĂ©dĂ©rateur de Matmatah produit son effet, fort d’une puissance mĂ©lodique et Ă©lectrique dopĂ©e par l’arrivĂ©e d’Emmanuel Baroux Ă  la guitare. Produit par Bruno Green, un autre Breton, l’an dernier en Angleterre, Plates coutures garde la plupart du temps les doigts dans la prise (« LĂ©sine pas », « Petite frappe », « O ma beauté », « Retour Ă  la normale »), au risque de faire sauter les plombs Ă  la Shaka Ponk (« Overcom », « Margipop »). Et ça tombe bien, puisque quelques morceaux plus spleenĂ©tiques comme « Toboggan » et « Entre les lignes » s’Ă©couteront bien le noir, avant le retour de la lumière sur « Peshmerga », un hymne acoustique plein d’espoir en conclusion.

Sortie le 3 mars 2017

Temples – Volcano (Heavenly/Pias) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Strange or Be Forgotten »

RĂ©vĂ©lĂ© en 2013 grâce Ă  Sun Structures, sonpremier opus, le quatuor nĂ©o-psychĂ©dĂ©lique anglais revient avec une somptueuse explosion de couleurs synth-pop. Moins rock que le prĂ©cĂ©dent, Volcano n’est que dĂ©ferlantes de mĂ©lodies foisonnantes, emportĂ©es par la voix aĂ©rienne du chanteur James Edward Bagshaw. Egalement mis Ă  contribution, Adam Smith aux claviers multiplie les nappes et sĂ©quences Ă©lectroniques (« I wanna Be your Mirror », « Strange or Be Forgotten », « In my Pocket »). Les rythmiques nerveuses emmenĂ©es par le bassiste Thomas Edison Warmsley  et le batteur Sam Toms ne sont pas en reste (« All Join In », « Born Into the Sunset », « Open Air »). Difficile de ne pas penser Ă  Tame Impala ou MGMT, et bien sĂ»r aux Beatles, tant ce vĂ©ritable tourbillon pop Ă©lectrique emporte tout sur son passage, du monumental morceau-titre « Volcano » au joyeux « Mystery of Pop », en passant par le vol planant de « How Would you Like to Go » et « Oh the Saviour », rare titre Ă  laisser la voie libre Ă  une guitare folk acoustique.

Sortie le 3 mars 2017

Stupeflip – Stup Virus (Etic System/ L’autre distribution) 🙂  🙂  🙂  🙂 Ecouter le titre « L’antidote »

En galère de maison de disque Ă  peine 6 ans après sa formation, au dĂ©but des annĂ©es 2000, le Crou (comme crew en anglais) formĂ© autour de Julien BarthĂ©lĂ©my (alias King Ju), StĂ©phane Bellenger (Cadillac) et Jean-Paul Michel (MC Salo) s’est Ă©panoui depuis dans l’adversitĂ©, en toute indĂ©pendance. Il revient ainsi en force, via un crowdfounding record sur Internet, avec son quatrième album, enregistrĂ© Ă  domicile, puis mixĂ© en studio par Renaud Letang. Stup Virus aligne beats, boucles mĂ©lodiques et synthĂ©tiques, au fil d’assemblages sonores construits comme des puzzles Ă©lectro-hip hop oĂą la voix des rappeurs croise parfois des arrangements de chĹ“urs fantomatiques. InquiĂ©tantes, dĂ©lirantes, tendres, joyeuses ou rageuses, près d’une vingtaine de chansons y dĂ©clinent les Ă©tats d’âme du Stup, ponctuĂ©es par le timbre enfantin d’une certaine Collette comme par les interventions de Sandrine Cacheton, une porte-parole au timbre de synthèse vocale qui fait penser aux Anonymous, pas Ă©trangère Ă  la dynamique libertaire de l’ensemble.

Sortie le 3 mars 2017

Findlay – Forgotten Pleasures (Mint Records/BMG) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Waste my Time »

Originaire de Manchester, cette chanteuse dĂ©sormais installĂ©e Ă  Londres dĂ©boule avec un premier album Ă  la personnalitĂ© musicale explosive. Non sans rappeler I Blame Coco (la fille de Sting), mais aussi Florence and the Machine, Natalie Findlay, 25 ans, manie aussi bien les claviers que la guitare, composant ses chansons Ă  l’instinct dans un esprit pop, rock et Ă©lectro. Sa voix puissante, qui prend parfois des accents rap Ă  la Nneka, y impose un sentiment d’urgence doublĂ© d’une Ă©nergie juvĂ©nile que traduisent ses textes aux humeurs chaotiques, entre appĂ©tit de vivre, histoires d’amour ratĂ©es et destins brisĂ©s. Du post-punk de « Waste My Time » au tĂ©nĂ©breux et plein d’espoir « St Elmo Fire », co-Ă©crit avec Carl Barat, en passant par le blues-rock de « Off & On » et « Wild & Unwise », Forgotten Pleasures n’en est pas moins très cohĂ©rent, bien que quatre producteurs se soient relayĂ©s sur ses paysages sonores contrastĂ©s, dont Jake Gosling (The Libertine, Ed Sheeran…), Samy Osta (La Femme, Feu! Chaterton, Rover…) et Food (Nick Cave, PJ Harvey, Depeche Mode…). A ne pas manquer.

Sortie le 3 mars 2017

FrĂ nçois & the Atlas Mountains – Solide Mirage (Domino Recordings) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Tendre est l’âme »

AccompagnĂ© de nouveaux musiciens toujours rĂ©unis sous le nom de The Atlas Mountains, François Marry enregistrait l’an dernier son nouvel album à… Molenbeek, près de Bruxelles, oĂą s’Ă©taient dĂ©roulĂ©es plusieurs opĂ©rations anti-terroristes. Solide Mirage prend la mesure de ce contexte historique, le chanteur portant un regard lucide sur le monde dans des chroniques Ă  l’Ă©criture poĂ©tique. Ses textes, qu’il promène de sa voix douce, sont dès lors plus ou moins engagĂ©s selon les sujets abordĂ©s, de la crise des migrants au dĂ©règlement climatique. Moins marquĂ© par les sonoritĂ©s Ă©lectros que Piano Ombre (2014), mĂŞme si des symptĂ´mes persistent (« 100 000 000 », « Apres Après »), sa pop mĂ©lodique aux sonoritĂ©s voyageuses s’appuie souvent sur des grooves rythmiques chaloupĂ©es (« Apocalypse Ă  Ipsos », « Jamais deux pareils »), en mode ensoleillĂ©es (« PerpĂ©tuel Ă©té »). Quelques touches de rock et de folk colorent « Grand dĂ©règlement » ou « Tendre est l’âme », tandis que la surprise vient de « La bĂŞte morcelĂ©e », sauvagement grunge, qui rappelle ses dĂ©buts en groupe Ă  Saintes en Charente-Maritime.