Février 2017

 

Sortie le 24 février 2017

Zeal & Ardor – Devil is Fine (MVKA/Caroline International) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Devil is Fine »

Derrière le patronyme bicéphale de Zeal & Ardor se cache le musicien américano-suisse Manuel Gagneux dont le deuxième opus souligne la démarche musicale hors norme, associant Blues, Spiritual et… Black Metal ! A l’instar de Moby qui, dans l’album Play, mixait en mode électro-blues des chants d’esclaves provenant des archives d’Alan Lomax, il les revisite à travers les thèmes rituels, blasphématoires et satanistes du metal noir, avec des riffs de guitares hurlantes et de lourdes batteries. Sa fusion improbable de styles, y compris techno, jouie d’une liberté totale de créer, avec la rébellion en ligne de mire. Chaque élément sonore en amène un autre comme les bruits de chaînes qui entraînent la rythmique du morceau-titre, dans une sorte d’invocation. Devil is Fine n’apparaît jamais caricatural, ce qui est rare dans le métal, mais incarne une œuvre avant-gardiste relativement étonnante.

Sortie le 24 février 2017

Bel Plaine – Aux fleurs sauvages (Cinq7/Wagram) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Lifeboat »

Formé par Antoine Blond et Morgan Renault, qui se sont rencontrés sur un quai de métro parisien en 2012, Bel Plaine allait vite satisfaire leurs envies de grands espaces esquissées dans un EP sorti l’année suivante. Tous les deux au chant et à la guitare, mariant leurs fantastiques harmonies vocales à la manière des Québécois de The Seasons, ils dévoilent dans ce premier album une collection de chansons pop et folk racées dont les textes mélangent anglais et français, parfois dans un même titre. S’il cite parmi ses références les groupes californiens Dawes ou Locale Native, leur duo que complètent Jérôme Arrighi à la basse, Antoine Boistelle à la batterie et Kenzo Zurzolo aux claviers, peut aussi rappeler Les Innocents côté français sur « Summer Ends ». Réalisé par Julien Delfaud (Phoenix, Woodkid, Gaëtan Roussel, Revolver…), dont la patte imprime « Walter Castillo », Aux fleurs sauvages forme un véritable bouquet de mélodies ensoleillées, noué par des titres accrocheurs (« Lifeboat », »Over my Head ») ou des ballades plus contemplatives et pastorales (« Stranger », « Morning »), avec un vrai sentiment de fraîcheur et d’insouciance.

Sortie le 24 février 2017

Rodophe Burger – Good (Dernière Bande/Pias) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Hard Times »

Comme il l’avait fait avec Liam Farrel, aka Doctor L, dans Meteor Show (1998), l’ex-frontman de Kat Onoma revient avec un nouvel album, mélange halluciné de blues, de rock et de sonorités électroniques. Composé lors de résidences successives et concerts à Lausanne, Paris, Rome et Sainte-Marie-aux-Mines, puis enregistré en Suisse et en Alsace, Good est le fruit de sa collaboration avec le batteur et sorcier des sons Christophe Calpini. S’y ajoutent Julien Perraudeau aux claviers, Alberto Malo à la batterie et quelques invités pour parfaire cette bande-originale trilingue entre western américain, polar à la française et odyssée spéciale, dont les scénarios s’inspirent de Samuel Beckett (« Good »), E.E. Cummings (« Cummings »), T.S. Elliot (« Waste Land ») et même Goethe (« An Lili »), en plus des textes signés par Olivier Cardiot (« Poème en or », « Providence ») et Michel Deguy (« Rien ni personne »). Rodolphe Burger y promène sa voix grave comme dans une bibliothèque en feu, hantée par ses guitares saturées ou aériennes, au cœur de nébuleuses textures musicales enveloppantes.

Sortie le 24 février 2017

Pamela Hute – Highline (My Dear Recordings/Kuroneko) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Banshees »

San Francisco, New York, Paris et… La Dordogne. Enregistré en 2015, au gré des déambulations géographiques de la singer-songwriter française, son troisième album doit sa parution à la création de son propre label l’an dernier. Produit avec Jay Pellicci (The Dodos, Avi Buffalo, Sophie Hunger…), Highline est une véritable invitation au voyage, organisé autour d’un nouveau line-up, dans un esprit pop-rock aux nuances folk rafraîchissantes. Non sans rappeler les débuts de Blondie lorsqu’un clavier vient enrichir les arrangements sur « Banshees », « Summer of 75 » ou « Getting Old », ses chansons profitent d’un élan de liberté et de spontanéité, alternant une douce mélancolie (« Fool You », « Gunshot », « Stick Around ») avec des hymnes enthousiastes et passionnés (« Hectic Dream », « Nothing to See »). Entourée par la bassiste Éva Tribolles, le guitariste Pierre Duval et son fidèle batteur Ernest Lo, Pamela Hute traverse ainsi calme et tempête, avant de conclure seule au chant et à la guitare électrique, un rien rêveuse (« Run Through the Storm »).

Sortie le 24 février 2017

Albin de la Simone – L’un de nous (Tôt ou tard) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Le grand amour »

Qu’il enregistre ses propres disques, joue sur ceux des autres, les accompagnant aussi sur scène, ce chanteur a fait de ses pianos et claviers de fidèles compagnons de voyage. Naturellement, ils sont au cœur des arrangements de ce cinquième album, lui ayant même donné naissance de manière très dépouillée, à la faveur de paroles écrites durant ces deux dernières années. Plus ou moins autobiographique, L’un de nous évoque en fait beaucoup de monde, se confrontant au temps qui passe et à l’exploration des sentiments. Le timbre fragile, mais le verbe sûr et délicat, Albin De La Simone y dessine des portraits, dépeint des situations, au fil de chansons touchantes, chaleureuses et intimes, souvent bercées par des orchestrations de cordes et des rythmes jazzy, un brin mélancoliques auxquels le titre très pop « A midi, on m’a dit » fait exception !

Sortie le 24 février 2017

The Pigeon Detectives – Broken Glances (Dance to the Radio/Modulor) 🙂  🙂 Voir le clip de « Enemy Lines »

Révélé en 2007, le groupe de Leeds revient après quatre ans d’absence avec un cinquième opus, prétexte à reprendre la route des concerts, mais aussi à de nouvelles expériences sonores, cette fois sous la houlette du producteur Richard Formby (Wild Beasts, Ghostpoet, Spaceman 3…). Moins direct que ses prédécesseurs, Broken Glances en prend toute la mesure, les morceaux y étant davantage réfléchis en termes d’ambiances rythmiques et d’effets de production sur la voix, la guitare et les claviers. Les refrains accrocheurs ont déserté les chansons au profit d’une narration contemplative que le frontman Matt Bowman parvient néanmoins à animer d’un supplément d’âme. Sortis de leur zone de confort, The Pigeon Detectives se lancent dans un vol supersonique au risque de se scratcher, non sans réaliser quelques belles figures (« Lose Countrol », Sounding Alarm », « Falling in Love »).

Sortie le 24 février 2017

13th Procession – Shed (Melmax Music) 🙂  🙂  🙂 Ecouter le titre  « June and the Empry Jar »

Né de la rencontre de Juliette Richards et Baptiste Solerg, au sein du groupe havrais Golden Gloss And The Cannon, ce duo folk s’est formé lorsqu’ils se retrouvèrent voisin et voisine dans le XIIIe arrondissement de Paris. Lui à la guitare et au banjo, elle au chant et au tambourin, 13th Procession dévoile un mini-album de seulement six titres en anglais, suffisamment pour attirer l’attention sur une voix douce et lumineuse, comme sur d’élégantes mélodies acoustiques intimistes. De Sufjan Stevens à The Lumineers, le ton est donné dès l’ouverture avec la bien nommée « Folk Song » qui laisse entendre le duo dans sa plus simple expression, mais aussi sur « Sunny Balconny » ou « Shiny Rain ». Cette météo à l’humeur changeante n’exclue pas les arrangements, notamment sur « June And The Empty Jar » et « Your Heart and Mine », deux morceaux étoffées de cordes enregistrés comme le reste sous la houlette d’Alex Firla (Exsonvaldes, Phoenix…). A quand la suite ?

Sortie le 24 février 2017

Summer Moon – With You Tonight (DFT Records/Membran) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Happenin' »

A l’instar du chanteur Julian Casablancas, le bassiste des Strokes a décidé lui-aussi d’enregistrer un album solo, ou presque… Nikolai Fraiture, qui révèle son timbre de voix aérien, s’est ainsi entouré du batteur Stephen Perkins (Jane’s Addiction, Infectious Groove…), du bassiste Noah Harmon (The Airborne Toxic Event), qui passe donc à la guitare, en plus de Camila Grey, chanteuse et multi-instrumentiste des Uh Huh Her. Le résultat est à l’image de leur supergroup, à savoir un brillant mélange électro-rock habilement combiné, que ce soit dans une veine synthétique new wave, mais aussi dans un esprit pop plus classique. Quelques arrangements expérimentaux apportent son originalité à l’ensemble qu’ont produit Matt Boynton (MGMT, Kurt Vile, Bat For Lashes…) et Brad Bell (Arcade Fire, The War On Drugs), entre New York et Austin.

Sortie le 24 février 2017

Zenzile – Elements (Yotanka/Pias) 🙂  🙂  🙂  🙂 Ecouter le titre « Presence »

En vingt ans d’existence, ce groupe français n’a jamais cessé de se réinventer. Trois ans après Berlin qui, comme son nom l’indiquait, avait vu le jour dans la capitale allemande, le voilà de retour dans sa ville natale, au studio Black Box à Angers, accueillant sur son dixième opus la chanteuse Zakia Gallard, 23 ans. Egalement au chant, le clavier et guitariste Vincent Erdeven et le bassiste Mathieu Bablée y feraient presque oublier que Zenzile a longtemps été un groupe entièrement instrumental, mais qu’importe… Elements s’avère justement une véritable combinaison de chansons comme d’instrumentaux, d’atmosphères comme de styles. Rock psychédélique, prog-rock, post-punk, new-wave, dub-discoïde… L’abondance de claviers analogiques et synthétiques, associée aux guitares électriques épiques et aux basses lourdes ou hypnotiques, y rappelle autant Pink Floyd et Bauhaus que Depeche Mode et même Daft Punk.

Sortie le 17 février 2017

Ropoporose – Kernel, Foreign Moons (Yotanka/Pias) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Horses »

Deux ans après le succès inattendu de Elephant Love, son premier album, le duo français continue de grandir à tous les niveaux, la frangine et son batteur de frangin tous les deux originaires de Vendôme ayant passé la vingtaine. L’énergie juvénile des débuts nourrit désormais une créativité jubilatoire, usant d’une réelle maîtrise instrumentale pour ciseler les mélodies et décliner les univers musicaux de Ropoporose. Noise, kraut-rock, math-rock, indie-pop ou indie-rock sont autant d’étiquettes que le groupe peut revendiquer dans Kernel, Foreign Moons que réalise Thomas Poli, guitariste de Dominique A ou Laetitia Shériff, entre autres. Pauline, avec sa voix douce et aérienne, alterne accords saturés et arpèges à la guitare, au rythme de déflagrations soniques et de modulations oniriques, entre ciel et terre, digérant des influences de Sonic Youth à Pixies, de Tortoise aux Melody Peaches, en passant par Blonde Redhead.

Sortie le 17 février 2017

Christine – Atom From Heart (Mouton Noir Records) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Drama »

Il y a quelque chose de rock dans le premier album de ce duo électro normand, et pas seulement parce que le single « Drama » accueille un rappeur américain surnommé T La Rock, notamment collaborateur du producteur Rick Rubin. Initié à Rouen par Nicolas, musicien et producteur, son projet baptisé Christine est co-piloté depuis 2015 par Martin, en charge de sa direction artistique comme de leur label. Enregistré dans leur propre studio à Rouen, Atom From Heart n’est pas sans rappeler Justice, ou des groupes tels que The Prodigy ou The Chemical Brothers, tant ses auteurs y ont envisagé les musiques électros et technos avec un large spectre de sonorités et d’influences, y compris hip hop. D’un retour vers le futur dans les années 70 sur « Maniac » à la grande épopée des années 90 avec « Error 218 » et « Break a Leg », leurs instrumentaux transpirent la sueur, la passion et l’acharnement dont témoigne Maxime, le chanteur du groupe rouennais The Elektrocution invité à poser sa voix sur « Over the Top » !

Sortie le 17 février 2017

Highly Suspect – The Boy Who Died Wolf (Columbia/Sony Music) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « My Name is Human »

Le power trio formé à Cape Cod dans le Massachussetts passe justement le cap du deuxième opus, fort de nominations successives aux Grammy Awards ces deux dernières années. Enregistré à Brooklyn, où le groupe s’est installé depuis, mais aussi à Bogota, en Colombie, The Boy Who Died Wolf prend la mesure de sa soudaine notoriété à travers une plus large palette d’inspirations. Son côté sombre et rageur, emprunté au grunge s’y double souvent de solo de guitare proche du hard rock, y compris dans son étrange reprise du groupe new wave Real Life (« Send Me an Angel »). Au-delà de l’accrocheur « Postres », la candeur d’une ballade au piano comme « Chicago » y jette aussi le trouble, à l’instar du beat trip hop de « FWYT », de telle sorte que ses expérimentations ambitieuses en deviennent vraiment suspectes.

Sortie le 17 février 2017

Tim Darcy – Saturday Night (Jagjaguwar/Pias) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Still Waking Up »

Le frontman américain de Ought crée la surprise avec ce premier album solo enregistré à Toronto parallèlement au second disque du groupe post-punk qu’il avait formé en 2011 au sein de la bouillonnante scène montréalaise. Né en Arizona avant de vivre au Colorado et dans le New Hampshire, Tim Darcy y satisfait ainsi à ses envies musicales voyageuses et plus personnelles. Sa voix unique en guise de guide, il donne à la guitare leurs couleurs aux paysages traversés, accompagnée par des amis musiciens invités à parfaire le décor. Le single “Tall Glass of Water” rappelle le Velvet Underground, tandis que « Still Walking Up » évoque une mélodie des Smith revue audacieusement en mode country-pop. Plus simplement, la ballade piano-voix “What’d You Release?” souligne un instant d’introspection, sans qu’il délaisse pour autant le thème du féminisme cher à son groupe dans “Joan Pt 1, 2”, une explosion folk-psychédélique à propos de Jeanne d’Arc qui se poursuit même sur une piste cachée (« Joan Pt. 3 »).

Sortie le 17 février 2017

Molly Burch – Please Be Mine (Captured Tracks/Differ-Ant) 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Downhearted »

Installée au Texas, cette Californienne remonte le temps avec ce premier album jusqu’à la grande époque de Dusty Springfield ou Patsy Cline. Bercée par la country durant son enfance passée à Los Angeles, comme par les comédies musicales hollywoodiennes, Molly Burch en a intégré tous les codes, avant de s’éloigner de ses parents – un écrivain-producteur et une directrice de casting-, pour suivre un programme de « Jazz Performance » à l’Université de Caroline du Nord. C’est là que sa rencontre, puis sa rupture, avec le guitariste Dailey Toliver servit d’inspiration à la dizaine de chansons d’amour de Please Be Mine. Enregistrées à Austin, où se sont retrouvés et réconciliés les deux amants, elles brillent d’un côté rétro, sans plus d’originalité, souvent dans des ballades mélancoliques qui rappellent Billie Holiday ou Nina Simone.

Sortie le 10 février 2017

Jesca Hoop – Memories Are Now (Sub Pop/Pias) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Memories are Now »

La singer-songwriter californienne est de retour en solo, moins d’un an après la parution de Love Letter For Fire, enregistré en duo avec Sam Beam de Iron & Wine. Désormais signée sur le célèbre label Sub Pop, elle y dévoile un sixième album aux chansons folk, parfois teintées de country, des plus poignantes aux plus vivantes. Souvent seule à la guitare, qu’elle soit acoustique ou électrique, Jesca Hoop donne toute la mesure de son talent, d’une voix versatile, sensuelle, gracieuse ou plus rebelle, mise en valeur par la production artisanale et minimaliste de Blake Mills. Rares y sont les arrangements à l’exception de quelques slides, choeurs, cordes ou percussions. Et si certains titres font penser à PJ Harvey, Suzanne Vega ou First Aid Kit, ils n’en constituent pas moins une magnifique œuvre originale, inspirée par les addictions des temps modernes que peuvent être autant la télévision et Internet que la religion.

Sortie le 10 février 2017

Sallie Ford – Soul Sick (Vaugard/Universal) 🙂  🙂  🙂 Ecouter le titre  « Get Out »

Déjà un quatrième album pour l’Américaine dont le rock rétro a fait de nombreux adeptes depuis 2011. Produit à Portland par Mike Coykendall (M Ward, She & Him…), Soul Sick combine un peu toutes ses influences, des girls bands au rock-garage, en passant par la pop anglaise des sixties. Sallie Ford en fusionne l’efficacité mélodique avec des guitares bluegrass ou country, continuant à mûrir sa voix avec plus de clarté. D’un timbre rageur ou acidulé selon son humeur, elle revient dans des chansons-confessions sur ses trois dernières années de carrière, de la dépression qui la minait après la fin de sa collaboration 100% féminine avec le groupe The Sound Outside, jusqu’à sa reconstruction forte d’une nouvelle formation, mixte cette fois, lui permettant de voir la lumière au bout du tunnel.

Sortie le 10 février 2017

Tinariwen – Elwan (Wedge/Pias) 🙂  🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Ténéré Taqqal »

Derrière son titre, qui signifie « Les Elephants » en langue tamasheq, Elwan rappelle les ravages des milices ou autres consortiums responsables des conflits successifs au nord du Mali, conduisant le groupe touarègue à quitter sa terre natale. C’est donc dans le sud-marocain, à la frontière algérienne, qu’il s’est replié en mars denier pour compléter ce huitième album, en grande partie enregistré  deux ans plus tôt aux Etats-Unis avec le précédent. A l’instar de Emmaar, mis en boite dans le désert californien au studio de Josh Homme des Queens of the Stone Age, il confronte le desert blues au rock stoner autour des thèmes chers à Tianriwen, d’un passé heureux à la nostalgie d’un monde perdu, accueillant au passage Matt Sweeney, Kurt Vile, Alan Johannes et Mark Lanegan venus s’accorder avec ses rythmiques hypnotiques.

Sortie le 3 février 2017

H-Burns – Kid We Own the Summer (Vietnam/Because)🙂 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Naked »

Une fois n’est pas coutume, Renaud Brustlein (alias H-Burns) s’est ressourcé chez lui, en France, plutôt que de se rendre aux Etats-Unis pour imaginer ce sixième album. Toutefois mixé à Los Angeles par Rob Schnapf (Elliot Smith, Beck…), puis masterisé par Greg Calbi (Springsteen, Dylan…), Kid We Own the Summer prend un nouveau virage dans une carrière aux influences déjà variées entre country, folk et indie-rock. L’omniprésence de piano et claviers aux nappes ou séquences analogiques peut surprendre, comme un violon ou des boites à rythmes de passage, mais ils apparaissent toujours de telle manière qu’une guitare acoustique ou électrique équilibre les chansons. D’une immense fluidité, ces arrangements leur confèrent un esprit plus pop et moderne,  justifiant un caractère moins vintage, tandis que la voix douce du singer-songwriter y brille avec délicatesse et mélancolie.

Sortie le 3 février 2017

Kent – La grande illusion (At(h)ome) 🙂  🙂  🙂  🙂

L’ancien chanteur de Starshooter célèbre 40 ans de carrière avec la parution d’un dix-huitième album solo, mais pas solitaire. Produit par David Sztanke, alias Tahiti Boy, il accueille également les musiciens du groupe dans un élan pop-rock  assumé, porté par une luxuriance instrumentale réjouissante. Chœurs, cuivres et claviers soulignent avec énergie cette douce mélancolie qu’il affectionne tant, enveloppée dans certains titres par le son torride de guitares western. Ses magnifiques textes, encrés dans une vie aux humeurs et aux images touchantes, garnissent les mélodies avec justesse, au-delà de son inimitable timbre vocal. La grande illusion, fruit d’une collaboration aussi exaltante que salutaire, révèle sans doute le meilleur disque de Kent, si ce n’est le plus accrocheur, depuis longtemps !

Sortie le 3 février 2017

Shannon Wright – Division (Vicious Circle) 🙂 🙂  🙂 Ecouter  le titre  « The First »

Quatre ans après l’explosif A Film Sound, enregistré live à Louiseville avec le groupe Shipping News, la singer-songwriter américaine souvent comparée à PJ Harvey revient avec un nouvel album très différent. C’est à la suite de sa rencontre avec la pianiste française Katia Labèque, connue avec sa sœur Marielle au sein des plus prestigieux orchestres symphoniques et philharmoniques du monde, qu’elle en a commencé à en écrire et enregistrer les chansons. Produites entre Rome et Paris par David Chalmin, ces dernières sont en grande majorité basées sur toutes sortes d’arrangements de claviers (piano, orgues, synthés…), flirtant souvent davantage avec la musique contemporaine que le rock. Toujours aussi poignante, sa voix y paraît plus apaisée, mais le résultat est aussi plus déroutant.

Sortie le 3 février 2017

Poni Hoax–Tropical Suite (Pan European Recording)🙂 🙂  🙂  🙂 Voir le clip de « Everything is Real »

Formé autour du multi-instrumentiste Laurent Bardainne, le groupe de rock français Poni Hoax offre enfin un successeur à A State of War (2013). Ce quatrième opus, dont l’ouverture fait penser à un western futuriste, a en fait été inspiré par divers voyages entre Sao Paulo, Capetown et Bangkok. D’une mélopée thaïlandaise à un balafon sud-africain, les morceaux passent ainsi d’un continent à l’autre, empruntant au passage un élément sonore à sa culture musicale, sur fond de rythmiques, de guitares et de séquences synthétiques occidentales. Rock, disco et électro se mêlent ainsi dans un vaste panorama hanté par la voix du charismatique Nicolas Ker, si bien que certains titres rappellent un peu les années 80 de Bowie.

Sortie le 3 février 2017

William Z Villain – William Z Villain (Norman Deep Blues/L’autre Distribution) 🙂  🙂  🙂  🙂  Voir le clip de « Anybody Gonna Move? »

Originaire du Wisconsin, ce singer-songwriter ne doit pas seulement son originalité aux deux cordes supplémentaires bricolées sur sa guitare National Resonator aux sonorités métalliques. Son premier album, enregistré en toute simplicité avec une production plutôt low-fi, révèle un mélange de styles peu commun, de percussions et rythmiques afro-caribéennes en blues bastringue, teinté parfois de rebetiko grecque. Sa voix haut-perchée, aussi harmonieuse que lumineuse, y contraste avec de nombreuses ambiances nocturnes envoutantes, nourries par ses étranges histoires.

Sortie le 3 février 2017

Communions – Blue (Fat Possum Records /Pias)🙂 🙂  🙂

Débarrassé des effets à l’esthétisme post-punk qui maquillaient voix et guitare sur son EP éponyme paru en 2015, le quatuor danois se présente sous un nouveau jour avec ce premier album, puisant en partie son inspiration dans la brit-pop des années 90. Non sans rappeler Oasis, Suede, EMF et compagnie, il canalise l’énergie juvénile générée par des riffs rock électriques à travers quantité de mélodies accrocheuses. La joie de vivre que reflètent les chansons alignées par Blue n’en est que plus chaleureuse, faisant oublier que le bleu est la couleur du froid !